De Foz Côa à l'ensemble du
territoire Portugais: pur un nouveau rapport du Patrimoine avec la Société
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Les musées sont aperçus, souvent, come des lieux de mémoire. Cette vision, certainement valable, est pourtant restreinte. Il nous faut percevoir la mémoire comme un processus d'interaction avec le présent et ses problèmes; dans ce sens, les musées, ou les espaces muséologiques, ce sont des espaces de pouvoir, ainsi que d'éducation et de loisir.
| Picture: Côa valley panoramic view (up) -^ |
Ce besoin originel de faire face à la pression des travaux publiques
est aussi devenu un élément majeur de blocage d'une politique
articulée et intégrée de valorisation du patrimoine
archéologique.
Le résultat direct de cette politique fut soit la moindre valorisation
sociale de l'Archéologie et de la Pré-Histoire dans le cadre
du Patrimoine, soit l'isolement d'une communauté d'experts méprisée
par le pouvoir. L'affaire de Foz Côa en fut le résultat premier,
mais aussi ce qui a imposée une réflection généralisée
sur le besoin de trouver de nouveaux instruments pour poursuivre l'action
de l'État dans ce domaine.
Il y a des racines différentes qui se sont combinées pour la définition d'un nouveau programme archéologique et muséographique au Portugal: la croissance numérique et qualitative de la communauté d'archéologues (environs 250 à présent); la nouvelle dynamique des musées portugais; l'engagement de larges secteurs de la société, et surtout de la jeunesse, dans la campagne pour sauver le patrimoine archéologique de la Vallée du Côa.
A Foz Côa, comme vous le savez, le gouvernement
a décidé de ne pas construire le barrage qui menaçait
le complexe archéologique. À sa place, il a décidé
d'en faire un projet intégré de développement, dont
le coeur est un parc archéologique.
Le mois d'Août, les premiers pas de ce parc ont été présentés au public: deux centres d'accueil, dont l'un dans le village de Foz Côa et l'autre dans le village de Castelo Melhor. Ce dernier est une petite maison rurale récupérée dans le respect de l'environnement.
À présent, quatre véhicules amènent des visiteurs sur trois des sites à gravures, des petites publications sont issues, des travaux de terrain ont été faits.
Il faut dire que c'est un bon bilan, si on considère que il y a moins d'une année le complexe était menacé d'être noyé. C'est le grand investissement du gouvernement (politique et financier, avec un budget qui, en réponse aux espoirs des archéologues, a représenté environs le 35% du budget national de l'archéologie) mais aussi des archéologues portugais et étrangers, que ca c'est fait. C'est pourtant, il faut le dire, encore très peut vis a vis de ce que peut et doit être fait.
La question muséographique à Foz Côa ne se limite pas à la construction de un ou deux musées ou de trois ou quatre centres.
Tout d'abord il faut comprendre que le visiteur se déplace à la région non pas pour rentrer dans un musée, mais surtout pour voir les gravures dans son contexte. Et ce contexte est archéologique mais aussi environnemental et social.
La fruition des gravures est, alors, différente selon les publiques. L'archéologie, le vin ou les amendes, ce sont des parties d'une même réalité: la réalité qui impose une intervention muséologique sur toute la vallée, car la vallée c'est le véritable musée.
| Pictures: <- Canada do Inferno engraved panel (left up) - | Côa Archaeological Park traffic sign (right down) -> |
Foz Côa peut se présenter comme un exemple á répandir dans le Portugal et ailleurs, surtout sur des zones moins favorisées au point de vue économique.
La muséographie portugaise en pré-histoire n'a pas encore atteint le niveau de quelques des exemples que nous voyons aujourd'hui. Pourtant, la réflexion muséographique au Portugal, et les perspectives de très importants développements dans le prochain avenir sont déjà très importants et deviendrons, avec vôtre collaboration, de très grands succès.